Monday, September 23

Chronologie de la RDC de 1876 à 2005

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by Nicaise Muzany

Le sous développement politique qui caractérise la république démocratique du Congo nécessite de la part de tout scientifique une analyse sans complaisance si l’on voudrait sincèrement léguer un meilleur héritage aux enfants afin que la RDC soit plus belle qu’avant. L’histoire de la république démocratique du Congo nous renseigne que chaque fois que les congolais qui n’ont du reste pas pris part aux assises de la conférence de Berlin et qui n’ont pas de connaissance suffisante sur les secrets de l’existence du Congo, des accords, des traités et des enjeux internationaux du Congo, essayent de fermer les portes aux étrangers prédateurs sous prétexte de nationalisme de triste mémoire et mal défini, le Congo a toujours sombré et sa population reste dans la plus grande misère.

Ceci démontre la nécessité pour les congolais de s’attarder un moment sur les termes et les clauses desdits accords des assises de Berlin pour tirer les leçons de l’histoire. D’où les 4 mauvais choix qu’il ne faut pas faire au Congo, vue sa vocation internationale conformément aux accords de Berlin et ce vu son importance stratégique sur les plans qui exigent de sa part de se comporter comme le grand arbre de NEBUCHADNESTAR dans la sainte bible où les animaux, les oiseaux du monde entier devraient venir s’abriter sous son ombrage.

Il faut une connaissance suffisante et une maitrise parfaite des enjeux de la politique internationale de l’heure, la maitrise des rapports hégémoniques, la vocation internationale de la RDC. Nous affirmons qu’il est temps de définir clairement les choix que l’Afrique en général et la RDC en particulier ne doit en aucune circonstance opérer. Lesquels mauvais choix ont tous le dénominateur commun à savoir l’extrémisme qui se manifeste dans les formes telles que  le nationalisme, l’isolationnisme, le protectionnisme exagéré et le pessimisme.

Ceci suppose pour l’élite congolaise, la prise en compte de cette réalité politico historique qui préside en fait les rapports entre la RDC et l’occident profondément liés par une histoire très mouvementée qui devrait servir de rétroviseur pour le Congo avant d’envisager son avenir dans les 50 ans à venir.

La RDC a connu 3 temps forts dont 2 sous la colonisation occidentale. La 1ere   sous Léopold II de 1885 à 1906 soit 23 ans d’exploitation rude contrebalancée par la création de l’EIC (Etat indépendant du Congo) avec une base suffisante, en terme de superstructures et d’infrastructures nécessaires pouvant permettre le décollage d’un état d’une part et puis de l’autre la période sous la Belgique de 1908 1960 soit 52 ans de colonisation et de consolidation de l’œuvre initié par Léopold II .La 3eme, l’actuelle donc depuis 1960 à ce jour.

Les dates et événements recensés   retracent l’histoire de ce vaste territoire subsaharienne 4 fois plus grand que la France ,80 fois plus grand que la Belgique qu’est la RDC se déroulent pendant les mandats de 13 gouverneurs généraux depuis Sir Francis Winton en 1884 jusqu’à sir Cornelis le 30 juin 1960 ;35 gouverneurs de la ville province de Kinshasa partant de Mr Jean Tordeur en 1957 jusqu’à Mr André Kimbuta encore en place en juillet 2015 , 4 Présidents de la République qui n’ont jamais fait une passation en douceur du pouvoir entre l’entrant et le sortant depuis Joseph Kasavubu à l’actuel Joseph Kabila, 04 vices présidents de la République aux cotés de l’actuel pendant la transition , 31 Premiers Ministres (appelés commissaires d’état sous Mobutu) de Patrice Emery Lumumba à l’actuel Matata Ponyo dont 19 sur les 31 sous le régime de Mobutu  ;19 Présidents de l’assemblée nationale depuis Joseph Kasongo Mukundji à l’actuel Aubin Minaku ; 6 présidents du sénat depuis joseph Ileo Songo Amba à l’actuel Kengo wa Dondo.Malgré le changement trimestriel ou mensuel du personnel politique de la 1ere à la 3eme république actuelle, toutes les mandatures évoluent sur les tares de la politique coloniale(loi de la force càd les armes en mains face au peuple demunis au lieu de la force de la loi). Un cas de figure de multiplication du personnel politique sans résultat concret pour la population, avec ses 19 premiers ministres ou commissaires d’état, Mobutu a effectué 54 remaniements ministériels en 20 ans, soit en moyenne 3 remaniements par an. Le plus coriace de tous les premiers ministres de Mobutu fut Leon Kengo wa Dondo qui est apparu sur la scène primaturale à trois reprises pour une durée totale d’environ 9 ans. Sur les 50 mois de son premier mandat, le premier Ministre Leon Kengo wa Dondo aura vécu 14 remaniements ministériels, soit une durée moyenne de 3,6 mois par mandat gouvernemental. Cette moyenne est presque générale aux gouvernements de la 2eme république soit 3,3 mois au cours des 20 dernières années de la 2eme république. Du 17 mai 1997 au 30 mars 1999, Laurent désiré Kabila, lui aussi a fait 6 remaniements ministériels sans impact réel sur tous les plans de la vie du pays.

En effet, «  l’ennemi » du Congo n’était pas uniquement le système colonial belge établi. Ce ne fut jamais un seul pays occidental mais le système capitaliste mondial représenté et défendu en 1884-1885 par les groupes signataires de l’acte de Berlin. Quand la RD Congo obtint son indépendance en 1960, le pouvoir fut transféré à un gouvernement de coalition formé par des partis politiques disparates et mal organisés, dont aucun ne possédait une doctrine ou une idéologie claire soutenue par un programme d’action politique bien défini notamment dans le domaine économique. Puisque pendant la colonisation et à la veille de l’indépendance, les anciennes métropoles coloniales ont vidé le pays de tous les documents nécessaires qui auraient pu constituer un point de départ pour établir des archives nationales, cette chronologie est une radiographie partielle obligatoire pour mieux appréhender les origines sociales du sous développement politique de la RDC.

La période Coloniale

  • Du 12 au 14 février 1876: tenue de la conférence géographique de Bruxelles
  • 04 décembre 1883: Le président des USA annonce dans un message que les richesses du Congo s’ouvre à l’Amérique par une société appelée Association africaine internationale (AAI), présidée par le roi des belges, avec un directeur général un citoyen américain
  • 23 juin 1884:l’Allemagne influencée par la position américaine accepte de reconnaitre l’établissement des états indépendants du Congo dirigés par le roi Léopold II, à condition qu’il y ait la liberté absolue de commerce au Congo pour tout citoyen allemand
  • 08 novembre 1884: signature d’un accord entre l’Allemagne et l’AIC (Association Internationale pour le Congo) reconnaissant un état souverain où la liberté absolue existerait entre les deux états
  • Du 15 novembre 1884 au 26 février 1885: tenue de la conférence de Berlin ouverte et coordonnée par Mr Bismarck qui aboutit à la constitution de l’Etat indépendant du Congo(EIC) dont l’acte fut rendu public le 26 février 1885.
  • Avril 1885 : Léopold II écrivit au parlement belge, lui demandant l’autorisation officielle d’ajouter à son titre de Roi des belges, celui de souverain de l’état indépendant du Congo
  • 28 et 29 avril 1885 : les deux chambres du parlement belge ont voté la loi en ces « sa majesté Léopold II, roi des belges est autorisé à être le chef de l’état fondé en Afrique par l’association internationale du Congo .L’union entre le nouvel état et la Belgique sera exclusivement via Léopold II
  • I er juillet 1885: Léopold II, par décret, proclama son accession au trône et au Congo, annonce officielle par l’administrateur général Sir Francis de Winton, successeur de Stanley, l’existence de l’état indépendant du Congo sous l’autorité de son souverain le roi des belges
  • 02 mai 1888: sous l’insistance de Léopold II, le Pape Léon XII institua le vicariat apostolique de l’état indépendant du Congo pour le bénéfice de la congrégation belge des pères de Scheut au Congo
  • 25 aout 1888: Arrivée des premiers pères de Scheut au Congo, suivi en 1893 par les pères jésuites
  • 29 juillet 1889 : Création de la CCFC (compagnie du chemin de fer du Congo) chargé de construire un chemin de fer dans l’EIC
  • 12 juillet 1890:Décret du roi Léopold II créant les Colonie scolaire ou des orphelinats remplis d’enfants âgés de 8 à 12 ans dont une partie non négligeable des pensionnaires de la colonie se composait des mulâtres abandonnés par leurs pères européens, embarrassés de reconnaitre des enfants nés des mères indigènes noires. La colonie scolaire constituait le centre de recrutement de futurs civilisés à enrôler comme subalternes dans l’administration, l’armée, les grandes compagnies et les missions de l’EIC. La colonie scolaire est l’institution Catholique la plus philanthropique connue à travers l’EIC crée par le roi souverain, confié aux frères des écoles chrétiennes.
  • Du 1886 -1890: élaboration d’un projet de convention par les états ayant pris part à Berlin, pour régler toutes les questions en litige avec la France sur la rivière Ubangi
  • 24 février 1887: Stanley engage Hamed-bin- Mohamed Tippo Tipo comme WALL ou chef du district de Stanley Falls, avec un salaire de 30 livres sterlings par mois, payable à l’agent de Tippo Tipo résidant à Zanzibar
  • Aout 1889: Testament politique du Roi Léopold II cédant le Congo à la Belgique et lettre d’accompagnement du Roi à Sir Beernaert, chef du gouvernement belge
  • 1889: tenue de la conférence de Bruxelles qui aboutit à la condamnation du trafic d’esclaves
  • 12 juillet 1890 : JOHN Rowlands, connu sous le pseudonyme d’Henri Morton Stanley épousa une anglaise nommée Dorothy Tennant ou Dolly à l’abbaye de Westminster. Dorothy portait un ensemble formant une médaille avec 38 pièces de diamant, cadeau de la reine Victoria, un bracelet en diamant, cadeau de sir William Mackinon. Stanley était bel et bien le héros qui a ouvert les portes du Congo au capitalisme européen méritait ces cadeaux
  • 1887 -1894: querelles de l’Ubangi au cours desquelles les milieux coloniaux français accueillent avec un vif mécontentement le protocole signé le 29 avril 1887 entre la France et l’EIC
  • 1890 -1898: La nécessité d’exploiter les richesses du bassin fluvial du Congo engage les colons belges dans ce qu’on a appelé la bataille du rail pour vaincre l’obstacle naturel des cataractes en aval de Kinshasa sur le fleuve Congo. D’ou le dicton de Stanley « sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un seul penny »,
  • 10 mai 1904 : Mort de Stanley à Londres. Il ne connaitra pas la naissance du Congo Belge
  • 26 mai 1906: Signature d’une convention qui scelle les conditions d’une collaboration harmonieuse entre l’EIC et le saint Siege catholique.
  • 03 juin 1906 : Décret n° 1421 instituant les écoles professionnelles établies à proximité des usines de l’EIC à Boma, Léopoldville et Stanley ville.
  • 27 novembre 1907: signature du traité de cession du Congo à la Belgique entre le roi et le parlement belge
  • 18 octobre 1908: la charte coloniale contenue dans la convention du 03 juillet 1890 signée entre l’EIC et la Belgique va servir de constitution du Congo belge lors de la promulgation de la loi sur le transport du Congo à la Belgique .Cette loi sera connue sous l’appellation de la charte coloniale.
  • 1910 : signature de l’accord sur la frontière belgo portugaise près de Dilolo sur la délimitation des territoires congolais et portugais dans la région de Luanda
  • Fév. – mai 1944: la révolte de kitawala dans les territoires de Masisi et lubutu dont le souvenir le plus lattant est les martyrs endurés par les auxiliaires noirs fideles aux blancs
  • 05 juillet 1946:testament politique du gouverneur général Pierre Rickmans et conférence tenue à Léopoldville pour annoncer dans la salle Albert Ier pour évoquer des problèmes de colonisées qui devenaient de plus en plus un problème mondial et fixation des esprits pour ceux qui avaient des colonies et ceux qui n’avaient pas.
  • 12 juillet 1948: décret créant la carte de mérite civique constituant une carte d’identification pour les congolais en voie d’européanisation
  • 1953: Lancement par le gouverneur Léon Pétillon de l’idée de la communauté belgo-congolaise
  • 30 juin 1956: Publication de l’Ière déclaration de prise de position politique de l’élite congolaise face au plan d’indépendance présentée par le professeur J.van Bellissen sous les auspices du pouvoir colonial belge
  • 17 mai 1957: Décret ressuscitant la carte d’immatriculation. Le détenteur était légalement assimilé à la civilisation européenne et à ce titre, devraient jouir de tous les droits et privilèges accordés aux blancs au Congo.
  • 08 décembre 1957 : Premières consultations expérimentales électorales pour les congolais habitants dans les trois grands centres urbains : Léopoldville (Kinshasa), Elisabethville (Lubumbashi) et Jadotville (Likasi). Les femmes y sont exclues
  • 04 janvier 1959: Emeutes et révoltes populaires suivi du tout Ier pillage en RDC consécutive à l’annulation du meeting de l’ABAKO à la place YMCA aujourd’hui Place du 04 janvier en plein Matonge dans la commune de Kalamu
  • 26 aout 1959:L’association culturelle Abako (alliance de Bakongo) annonce sa transformation en parti politique en gardant le même sigle.

 

(Suite dans le numéro prochain)

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