Fête à Macron: La France dénonce la politique de son président

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Sous un soleil accablant, entre Opéra et Bastille, la manifestation a réuni 38 900 participants, selon le cabinet Occurrence, dans une ambiance de lutte festive et sociale.  cette marche a été voulue et organisée par le médiatique député de la Somme, François Ruffin, rattaché au groupe parlementaire de la France insoumise, pour dénoncer la politique du chef de l’État, Emmanuel Macron «et de son monde». Tous voulaient participer à un «pot-au-feu» de luttes, soucieux de dépasser les seules mobilisations des cheminots ou des étudiants.

Une petite foule l’entoure. Des flashs, des anonymes, des militants. François Ruffin a le sourire. Il est fier de son coup : la «Fête à Macron» se déroule comme dans le plus beau de ses songes. Tout au long du parcours, entre la place de l’Opéra et celle de la Bastille, les quidams dansent, chantent. Des slogans, des pancartes, des grillades. La députée de la France Insoumise, Clémentine Autain se tient debout au milieu du cortège. Elle regarde la foule passer, répond aux sollicitations. Confie: «C’était ce qu’on voulait, cette fête répond à toutes nos attentes.» Puis conclut: «Toute la semaine, tout le monde nous parlait de la violence, des casseurs, vous avez vu un seul débordement?» Pas beaucoup. Juste quelques heurts sur la place de la Bastille : une quarantaine de jeunes s’en sont pris à des cars des télés, et il y aurait un blessé parmi les forces de l’ordre, les médias.

Une répartition des rôles avec François Ruffin

L’image neutre de Ruffin, militant du terrain, a permis de passer outre les divergences politiques au sein de la gauche radicale en vue de la mobilisation. Mais c’est Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, qui a largement repris le mouvement au fil de la journée. Déjà, depuis les violences du défilé du 1er mai, un face-à-face médiatique entre Emmanuel Macron et l’ex candidat à la présidentielle – à coups d’interpellations sur les présumées provocations à la violence des organisateurs de la fête, et de réponses sur les violences sociales subies – avait placé ce dernier au premier plan. Il y est largement resté samedi. Une répartition des rôles implicitement assumée.

Selon les souhaits des organisateurs, les politiques devaient rester en queue du cortège, à distance, donc, du carré de tête, «le carré des luttes», réservé aux syndicats. Les quatre chars de cette manifestation unitaire de la gauche radicale devaient se trouver entre eux. Mais au final, le grand bus à plate-forme de La France insoumise ne s’est pas retrouvé bien loin du carré de tête. C’est du haut de ce bus que le député de Marseille a pris la parole à 15 heures, dans une sorte de discours officiel. Une parole reprise à son arrivée place de la Bastille, deux heures plus tard.

Marée humaine qui change l’histoire!

Plusieurs associations, syndicats et partis envisagent en effet une mobilisation commune et d’ampleur ce jour-là. Le rêve de Mélenchon, qui avait échoué à un rassemblement de ce type à l’automne dernier. «Par millions, déferlez! Soyez la marée humaine qui change l’histoire», a-t-il lancé aux participants du 5 mai. «Quand on n’a pas la force de l’argent, il faut la force des gens», a observé de son côté François Ruffin. «Nous devons être cette sorte de bélier qu’on portait au Moyen-Âge pour défoncer les portes des châteaux forts, et qui nous permettra de défoncer les portes du pouvoir.»

26 mai, prochain rendez-vous

Micro en main, sous un soleil de plomb, entouré de drapeaux français floqués de la lettre Phi du mouvement des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon a martelé que la mobilisation de ce samedi n’était qu’une préfiguration de ce qui se profile pour le 26 mai, «une première étape».

 

Myce Kassonga

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