Crise politique en RDC: Le ton et la tension montent entre Kinshasa,Paris, Kigali et Luanda

0

La République Démocratique du Congo traverse une période cruciale de son histoire avec des élections prévues le 23 décembre 2018, pour organiser le départ du président Joseph Kabila. Une partie de l’opposition le soupçonne toujours de vouloir s’accrocher au pouvoir. Son deuxième et dernier mandat constitutionnel a pris fin le 19 décembre 2016. Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont tous deux réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d’élections à la fin de l’année en cours, sans participation de l’actuel président de la RDC. Pendant ce temps à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, Au cours de son point presse, ce lundi 28 mai,  a dénoncé « les messes basses et les complots à ciel ouvert contre la souveraineté » de la RDC.

João Lourenço est en visite officielle en France pour la première fois depuis son élection en septembre dernier. Le chef de l’Etat angolais a été reçu à l’Elysée ce lundi par son homologue Emmanuel Macron. Outre la signature d’un certain nombre d’accords de coopération dans les domaines agricole et de la défense, les deux chefs d’État ont également abordé la situation en RDC. “Le sujet que nous traitons n’est pas une conspiration mais le grand besoin de montrer au président Kabila qu’il doit respecter les accords. Je rencontrerai le président Kabila dans les prochains jours pour continuer à discuter avec lui jusqu’aux élections”, a affirmé ce Lundi 28 mai, lors du point de presse à l’Élysée, le président Angolais J. Lourenço.

“Nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives des pays de la région et de l’Union africaine qui est de faire appliquer les accords de la Saint-Sylvestre de 2017”, a déclaré à son tour le président français devant la presse. “Seuls ces accords permettront une clarification de la situation politique, sans complaisance, dans le calme. Je voudrais que les réunions des prochaines semaines permettent d’aboutir à un résultat clair”, poursuit-il.

Les déclarations de ces deux chefs d’états n’ont laissé que quelques heures à Kinshasa avant de monter au créneau. “La RDC est jalouse de sa souveraineté et ne laissera personne, Etat ou groupe d’intérêts, en Afrique ou hors du continent, s’ingérer dans ses affaires intérieures et se substituer au peuple congolais pour décider de son devenir», a déclaré Lambert Mende, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement congolais lundi 28 mai dans un point de presse à Kinshasa.

« Les pays africains qui se hasarderont à servir de tête de pont ou de sous-traitants à des stratégies extérieures hostiles à la RDC, et élaborées ailleurs seront toujours payés en monnaie de singe, en plus de la résistance farouche du peuple congolais », a menacé Lambert Mende, visant, sans les citer, l’Angola et le Rwanda dont les chefs d’État viennent d’être reçus tour à tour à l’Élysée.

Non organisées fin 2016, prévues fin 2017, les élections ont été reportées au 23 décembre 2018.

Myce Kassonga

 

Share.

About Author

Leave A Reply

EnglishFrenchGermanPortugueseSpanish