Le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila Mbaka a tapé du poing sur la table. Dans une réunion tenue ce samedi 11 janvier 2020, le chef de l’exécutif provincial de la capitale congolaise a exprimé sa colère face à l’inaction des bourgmestres , des chefs des quartiers, des rues, de la coordination Kinshasa bopeto ainsi que des responsables de la police à différents niveaux. Pour l’autorité urbaine, le non respect de ses instructions est à la base du statu quo constaté sur le terrain dans la mise en oeuvre de son programme “Kinshasa bopeto”. Lequel avait suscité tant l’engouement ainsi que l’espoir de voir la capitale congolaise revêtir sa robe d’antan grâce au changement des mentalités de sa population.
Au cours de cette rencontre voulue comme une mise en demeure pour les parties prenantes, le gouverneur de la ville n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il a annoncé des sanctions sévères à l’encontre des responsables des structures sensées accompagner sa vision quant à l’assainissement de la ville de Kinshasa. “Les instructions n’ont pas été respectées “, a-t-il tonné avant de déclarer, que cela explique le piétinement de l’opération kinshasa bopeto.
” La faute incombe aux bourgmestres qui n’ont pas assez travaillé pour nettoyer les artères et autres places de leurs juridictions”, a-t-il renchéri.
L’autorité urbaine a aussi pointé du doigt la coordination Kinshasa bopeto dont la mission se résume en la sensibilisation de la population. Objectif: la motiver à garder les parcelles et devantures propres. Ce, dans l’optique d’appliquer instinctivement et dans la vie quotidienne les règles d’hygiène et de propreté.
Quant à la police, selon le 35 ème gouverneur de la ville de Kinshasa, il lui est reprochée la complaisance et la léthargie dans la gestion des vendeurs qui envahissent les artères de la ville. Il a aussi relevé l’insoumission des commandants de police face aux bourgmestres. Ce qui ne facilite pas la collaboration pour la réussite de Kinshasa bopeto.
Pour annoncer les couleurs, il a rappelé les récentes décisions qui ont frappé de suspension certains hauts responsables de la Raskin. Il a promis de frapper d’autres acteurs dans un bref délai. ” Le constat est amer”, a reconnu le premier citoyen de la ville. L’occasion d’appeler à plus d’actions, d’initiatives pour ne pas décevoir les attentes de la population et du président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui n’a pas hésité à raccourcir son voyage pour procéder au lancement le 19 octobre dernier de cette opération de grande envergure.
Parmi les instructions, le gouverneur a rappelé le recrutement imminent des cantonniers pour assurer la propreté, la redynamisation si pas la mise en place des coordinations communales et à différents niveaux de Kinshasa bopeto pour une sensibilisation tout azimut.Gentiny Ngobila Mbaka a, à cette occasion, chargé le ministre provincial a.i en charge de l’intérieur et sécurité, Didier Tenge te Litho de procéder à l’évaluation du travail réalisé sur le terrain avant que les sanctions ne tombent.
En ce qui concerne la rétrocession, il a indiqué qu’une fois reçue, les ETD entendez les communes recevraient leur part comme à l’accoutumée. Il a profité de cette opportunité pour annoncer le soutien attendu du gouvernement après un lobbying auprès des autorités au niveau central. Ce soutien sera orienté vers l’éclairage public, la dotation en engins notamment les camions balayeurs.
A la fin de cette réunion dont la deuxième partie a été présidée par le ministre provincial de l’intérieur ai, Didier Tenge, celui-ci a déclaré que la réussite de Kinshasa bopeto exige l’implication de tous, bourgmestres, chefs des quartiers et des rues, responsables de la police à différents niveaux. Ce, en s’appuyant sur des édits 003 du 19 septembre 2013 sur la protection de l’environnement et l’assainissement de la ville, 005 du 19 octobre 2012 contre les nuisances sonores et le décret du 8 mai 2014 qui entre dans le cadre de l’utilisation des instruments dans les lieux non insonorisés.
Somme toute, des réunions sont prévues au niveau de chaque district. Après quoi les bourgmestres auront 72 heures pour passer à l’action.
Il a insisté sur les sanctions et personne ne sera épargnée.
” il n’est nullement question d’abandonner, il faut agir maintenant ou jamais”, a-t-il conclu.
Après toutes les critiques essuyées ces derniers jours, le recadrage tombe à propos.
Rosymaque/ carmelmedia.info

