Initiateur de la marche pacifique pour barrer la route au troisième mandat de Joseph Kabila, l’organisation s’est depuis murée dans un silence inexpliqué. La famille s’étonne de cette attitude. « Ni assistance à la famille biologique des victimes « catholiques », ni des actions pour exiger la réouverture du procès, ni un message de réconfort, ni même la présence d’un membre de cette structure de l’Église catholique à la messe dite vendredi 21 janvier à la paroisse Saint François de Sales, où Kapangala fut abattue par les éléments de la police », maugrée un proche de la famille.
Se confiant à Carmelmédia.info, l’un des frères de Thérèse Kapangala, Jean-Claude Kapangala, s’est exprimé en ces termes : « aujourd’hui, un jour très douloureux pour toute la famille. Nous commémorons la disparition tragique de notre sœur Dechade. A l’heure actuelle, nous avons l’appui de nos avocats-conseils et des amis. Le CLC ? Je ne sais pas, mais au début, les laïcs étaient là. Mais depuis plusieurs mois, et même aujourd’hui, nous ne comprenons pas pourquoi ce silence inexpliqué », s’est-il indigné.
Selon une indiscrétion, la famille biologique de Thérèse aurait engagé l’un des meilleurs avocats de la RDC, pour obtenir la réouverture du procès. A en croire John Bolungu, un autre proche de la famille Kapangala et témoin de cet événement macabre il y a 4 ans, les forces de l’ordre placées la veille de la marche, n’avaient aucune intention d’utiliser les balles réelles pour empêcher la tenue de la marche du CLC.
« Au sortir de l’église, la barrière placée un jour avant, était gardée par des éléments de la police. Curieusement, ces derniers nous auraient avertis de rentrer à l’intérieur de l’église, car, selon eux, la prochaine intervention pourrait être violente. C’est en rentrant dans l’enceinte de la paroisse que nous avons vu un pick-up de la police de couleur noire, sans matricule, sous le commandement d’une commissaire supérieur (Colonel), qu’un élément sur le toit a tiré plusieurs fois en direction de l’église. Plusieurs personnes ont été blessées, dont Thérèse Kapangala qui est décédée sur place », a-t-il relaté.
Après le procès Rossy Mukendi, une large opinion exige aussi l’ouverture du procès Thérèse Kapangala, en vue d’établir les responsabilités sur ce meurtre, qui pour certains, seraient prémédités par l’ancien régime.
L’ex-aspirante Thérèse Déchade Kapangala a été tuée par balles, le 21 janvier 2018 dans l’enceinte de la paroisse Saint-François-de-Sales à Kinshasa, au cours de la répression de la manifestation organisée par les laïcs catholiques, pour exiger la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 et s’opposer au 3è mandat de Joseph Kabila.
Thérèse Kapangala a été inhumée le 9 février 2018. Elle qui, pourtant devait rejoindre la congrégation de « Sainte Famille de Bergame » comme religieuse au mois de juillet de la même année. Jusqu’à présent, la justice n’a pas encore mis la main sur les responsables de son meurtre.
Hubertine Kalala

