C’est en principe le samedi 18 mai 2024 que l’Assemblée nationale va organiser l’élection des membres de son bureau définitif. Un scrutin qui risque de se dérouler dans un climat de tension, créé notamment par la mise à l’écart de certains candidats de l’Union Sacrée et le maintien de deux candidats pour l’unique poste de Rapporteur adjoint, réservé à l’opposition parlementaire.
Une décision que le Président du groupe parlementaire de l’Opposition « Ensemble », Christian Mwando Nsimba Kabulo, a fustigé au cours d’une conférence de presse, tenue le jeudi 16 mai 2024, au siège du parti, dénonçant ainsi la politique de deux poids deux mesures adoptée par la commission spéciale mise en place par Christophe Mboso, le président du bureau provisoire de la chambre basse du Parlement.
« Après avoir bloqué l’Assemblée nationale pendant 4 mois, parce que lui-même voulait être le président du bureau définitif de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso a provoqué des primaires qu’il a perdu et s’est, par la suite, rabattu au poste de 2ème vice-président et a tenu absolument à postuler.
Pour ce faire, l’honorable Mboso a constitué, en violation du Règlement d’Ordre Intérieur et des us et coutumes parlementaires, une commission, en dehors de la plénière et par sa propre volonté. Cette commission avait apparemment deux objectifs : le premier objectif était de confirmer la candidature de l’honorable Mboso comme 2ème vice-président et le deuxième objectif était de confirmer illégalement la candidature de l’honorable Mutamba au poste de Rapporteur adjoint, alors que ce dernier n’a ni droit ni qualité », a-t-il déploré, tout en exigeant que le Président du bureau d’âge puisse aller au bout de sa logique, en laissant les autres candidats recalés de compétir également pour les autres postes, comme cela est le cas avec le poste de Rapporteur adjoint réservé à l’opposition.
« Puisque Dypro n’a pas accepté la décision de la partie majoritaire de l’opposition, alors qu’on laisse également tous les autres regroupements, qui n’ont accepté la décision de leur groupe politique, de poser leurs candidatures. Pourquoi cette politique de deux poids deux mesures ?
Nous pensons que pour l’honorable Mboso, c’est une perpétuation des antivaleurs qu’il a eu à inculquer dans cette république depuis la 2ème République.
Il est temps que monsieur Mboso parte, qu’il laisse les jeunes faire le travail et qu’il prenne sa retraite politique, parce que ce genre des pratiques qui amène le pays vers le bas », s’est-il indigné.
Pour le chef de file de la famille politique du Chairman Moïse Katumbi Chapwe à l’Assemblée nationale, tout doit être fait pour mettre le « dictateur » Mboso hors du bureau définitif de la chambre basse du salon. Et pour y arriver, il a annoncé que les députés de Ensemble pour la République et Alliés vont signer la pétition pour sa déchéance.
« Nous allons donc demander à tous nos députés de signer la pétition pour déchoir l’honorable Mboso.
La présence de Mboso au bureau du Présidium de l’Assemblée nationale sera un sujet de conflit, parce que ça va créer d’abord la jalousie, la guerre des clans, d’autant plus que le futur président de l’Assemblée nationale l’a battu, parce qu’il n’a pas voulu s’est désisté. Il a été battu aux primaires. Donc, c’est un ennemi qui vient là-bas pour bloquer le bon fonctionnement de l’Assemblée nationale », a martelé Christian Mwando Nsimba Kabulo.
Enfin, tout en réaffirmant le maintien de la candidature de l’honorable Dominique Munongo Inamizi au poste de Rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale face au candidat sponsorisé par le président du bureau d’âge, Christian Mwando Nsimba interpelle la conscience des députés nationaux de voter pour le candidat de la vraie opposition.
« La philosophie de l’Assemblée nationale est celle-ci : les postes de l’opposition sont pourvus par l’opposition et les postes de la majorité le sont par la majorité. C’était pour éviter l’interférence. Quel est l’esprit de la loi ? L’esprit de la loi, ce qu’il faudrait qu’au bureau de l’Assemblée nationale, celui qui sera le représentant de l’opposition représente l’opinion de l’opposition. Il ne se représente pas lui-même, il représente l’opinion de l’opposition au sein du bureau .
Alors, lorsque vous avez un candidat qui va dealer avec la majorité, vous êtes opposition pourquoi ? c’est lorsque vous n’avez pas la majorité. Mais lorsque vous avez quelqu’un qui va dealer avec la majorité pour faire la fausse opposition. Ça ce n’est pas correct. Quelqu’un qui a 2 députés et qui veut prendre la place dévolue aux 30 députés, et lorsqu’il va déposer sa candidature, il dit qu’il a 300 députés avec lui. Est-ce que c’est vraiment quelqu’un de l’opposition ? Je ne pense pas.
Pour nous, ce n’est pas une question d’avoir peur d’échouer. C’est une question de rectitude. Nous, nous n’allons pas retirer notre candidature. Nous allons interpeller la conscience des honorables députés, pour que, ceux qui représentent véritablement la majorité, soient conscients que nous voulons avoir au bureau la véritable opposition », a dit avec force, l’élu de Moba, dans la province du Tanganyika.
DMK

