En ce mardi 10 décembre, une journée porte ouverte a eu lieu à Goma dans le but de sensibiliser la population féminine aux cancers du sein et du col de l’utérus, deux maladies qui affectent plus de 60% des femmes. L’événement a réuni des survivantes, des médecins, des associations et des citoyens afin de démystifier ces cancers et promouvoir l’importance du dépistage précoce.
“Les cancers du sein et du col de l’utérus sont des cancers évitables et guérissables. Si nous faisons le dépistage à temps, nous pouvons sauver des vies”, a déclaré le Dr Élisabeth Mishika, coordinatrice de la Fondation Mishika et spécialiste du dépistage des cancers dans la ville de Goma. Elle a ajouté que “lorsque l’on prononce le mot ‘cancer’, il y a souvent une peur irrationnelle. Nous voulons changer cette perception et montrer que le dépistage sauve des vies.”
Le cancer du col de l’utérus reste l’un des plus meurtriers pour les femmes en République Démocratique du Congo. Cependant, selon le Dr Mishika, “90% des cas peuvent être guéris s’ils sont détectés à temps.” Le dépistage précoce permet de repérer des lésions précancéreuses, qui, une fois traitées, empêchent l’évolution de la maladie et, dans bien des cas, éliminent le risque de cancer.
Le message principal de cette journée était de souligner que 40% des cancers peuvent être évités grâce à un changement de mode de vie. “Une alimentation saine, l’exercice physique et l’arrêt du tabac jouent un rôle majeur dans la prévention des cancers”, a insisté le Dr Mishika Élisabeth. Elle a également recommandé que toutes les femmes de plus de 25 ans se fassent examiner régulièrement, avec des consultations annuelles et des auto-palpations mensuelles pour le cancer du sein.
Des survivantes ont pris la parole lors de cette journée pour partager leur expérience et donner de l’espoir. “Je suis une preuve vivante que l’on peut guérir du cancer si on le détecte à temps”, a déclaré une survivante du cancer du sein, les larmes aux yeux. “Mon seul regret est de ne pas avoir fait le dépistage plus tôt.”
L’objectif de cette campagne est ambitieux : sauver 100 000 vies d’ici 2026. Pour atteindre cet objectif, les organisateurs de l’événement, ainsi que les autorités locales, ont mis l’accent sur l’importance de la prévention, du dépistage régulier et de l’éducation des femmes à l’auto-examen.
Sous le thème “Contre les cancers de demain, agissons aujourd’hui”, cette journée porte ouverte à Goma a été un véritable appel à l’action. Il est maintenant plus que jamais crucial de lutter ensemble contre ces cancers et de donner à chaque femme les moyens de se protéger, d’agir et d’espérer.
Claude Baguma

